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COURRIER EN COURS
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Kiné actualité n° 1202 du 8 juillet 2010
“Chez nous, Monsieur, on ne dérembourse pas, on compte.”
La rééducation de la PTH (quelle que soit la raison ayant prévalu à sa mise en place, et quel que soit l’état de comorbidité du patient ou son contexte social) est soumise à un référentiel HAS (Hautement Aberrant Scientifiquement) : au-delà de 15 séances, vous demanderez une autorisation de poursuivre les soins (DAP), dûment motivée et argumentée médicalement bien sûr, ouvrant de fait droit à un délai de carence des soins d’au moins 15 jours… pendant lesquels on prolongera les arrêts de travail (lesquels ne coûtent rien !), et on regardera benoîtement s’installer les éventuelles complications (lesquelles ne coûteront rien non plus !). Le coût journalier de prise en charge de cette pathologie en ville, selon l’UNPS, s’élèverait, tous soins compris (soins kiné à 15,30 € la séance, infirmière, IFD) à 43 € pour les patients ayant bénéficié d’une prothèse de hanche, contre 177 € en HAD et 213 € en CRF en moyenne. La simple séance de rééducation de prothèse totale de hanche en CRF entraîne un coût de prise en charge de rééducation vingt fois plus coûteux qu’une prise en charge libérale. Mais aucune limitation et aucun contrôle ne sera appliqué aux CRF. A ces frais s’ajoute le transport en ambulance, remboursé par la Cpam, mais refusé aux patients de ville. Plus encore, la mise à disposition d’un transport remboursé pour accéder aux CRF encourage les prescripteurs à diriger préférentiellement les patients dans ces centres (lesquels ne coûtent pas grand chose !). Apparemment, les économistes gestionnaires de la Sécu sont loin des réalités du terrain ! Les forfaits par pathologies sont donc officiellement mis en place mais rien n’est stabilisé sur le terrain. Le formulaire de la DAP (demande d’accord préalable) n’est pas encore “cerfatisé”, ni diffusé aux masseurs-kinésithérapeutes. De plus, nos logiciels métiers n’ont pas encore évolué pour permettre l’impression de la DAP. Par contre, ces référentiels sont applicables immédiatement. Sur le terrain, l’absence de modalités d’application précises et acceptées par la profession laisse augurer des situations ubuesques. Les kinésithérapeutes libéraux, gens de terrain, ont de quoi se faire du souci ! Ne désespérons pas : je ne doute pas que bientôt, nous aurons des référentiels à une dizaine de séances pour les lombalgies. Chez nous, Monsieur, on ne dérembourse pas, on compte… P.S. : Je ne commenterai pas la rééducation d’entorse récente de la cheville à 10 séances (à quel stade ? simple étirement, déchirure, arrachement ligamentaire… ?), ni les plasties des croisés du genou à 40 séances pour lesquelles la Sofcot et autres sociétés savantes parlent de 4 à 6 mois de rééducation, etc..
Michel Magnaval (13)
La corde à deux bouts
À l’un des deux bouts de la corde, les syndicats et ceux qui les soutiennent. À l’autre bout, le directeur de l’Union des caisses d’assurance maladie (Uncam).À force de tirer sur la corde, elle s’effiloche. Quelques fibres relatives à l’Avantage social vieillesse (ASV) cèdent sous la pression de l’augmentation de la cotisation qui passe du 1/3 à la moitié de son montant. D’autres fibres lâchent sous l’augmentation des charges sans augmentation de la valeur de la lettre clé. D’autres encore cassent sous la pression des référentiels qui sont désormais applicables, puisque les décrets d’application sont parus au JO le 27 mai 2010. Mais comment les appliquer puisque les demandes d’accord préalable, pièces indispensables pour continuer les soins en cas “d’exceptionnelle” nécessité, ne sont pas éditées ? D’autres fibres cèdent sous la force de refus des autorités concernant les économies proposées par la profession (deux cents millions d’euros) à condition que les centres de rééducation et ceux de soins de suite soient soumis au même régime que nos cabinets libéraux. Certaines lâcheront face aux menaces qui pèsent sur notre liberté d’installation. D’autres résisteront-elles à ce projet de maison de santé, initialement prévu pour régler la sous densification de certaines “prairies” et que les autorités essayent de généraliser, comme si la campagne envahissait les villes ? D’autres fibres présentaient déjà des solutions de continuité, depuis que les soins postopératoires n’étaient plus pris en charge à cent pour cent dans nos structures libérales. Que dire du Développement professionnel continu (DPC) qui nous retire le choix des formations ainsi que le budget qui se trouve réduit et dilué dans l’ensemble des formations. Ce qui limite considérablement le nombre de nos stages. Est-ce que les vins de Bordeaux ou de Bourgogne supporteraient qu’on les mélange et qu’on y ajoute un peu d’eau pour faire du volume ? Et la reconnaissance de notre quatrième année d’études ? Les autorités veulent améliorer la formation, densifier les programmes, transférer des taches et des compétences sans reconnaître le nombre d’années nécessaires. Est-ce bien cohérent ? Le patient qui est sensé être au centre du système de soins est encore plus tiraillé. Il commence à douter de l’efficacité de ce qu’on lui propose. Il se demande si ce n’est pas lui le premier exclu du système de prise en charge par l’assurance maladie, compte tenu de la baisse régulière des remboursements et de l’assaut persistant des mutuelles. À force de tirer sur la corde, elle s’effiloche et finit par se rompre. Mais nous tenons le bon bout : nous ne le lâcherons pas, et attendrons qu’un nouvel allié à l’autre bout fasse le poids. Le poids des engagements tenus, le poids d’un partenariat respecté et non pas vilipendé, enfin le poids du respect de l’autre, sans lequel nous ne pouvons mener une action commune. Si personne ne se présente à l’autre bout de la corde, nous ne tirerons pas dans le vide,nous laisserons la corde et prendrons la boule. Et là, soixante huit mille “coups de boule” contre une seule, directoriale soit-elle, je vous laisse deviner la fin de partie.
Bernard Gautier (93) Cordier occasionnel
Indécent ou révoltant !
Les très chers “Bleus” savent-ils que la pension de retraite de certains de nos anciens est en dessous de 600 € par mois ? Révoltant ou indécent ! Quand la caisse d’assurance maladie annonce un déficit de 27 milliards d’euros et que la même semaine, dans notre cabinet, je reçois dans une enveloppe affranchie à 0,54 €, 2 affiches concernant les transports des patients. L’infirmière en reçoit 2 également, ainsi que la deuxième infirmière (décédée depuis 2 ans). Quant à la pédicure, nettement favorisée, elle reçoit 4 affiches dans 2 enveloppes différentes ! Au total, 10 précieux documents (de quoi tapisser toute la salle d’attente !). Alors que nous ne sommes pas prescripteurs !!! Un certain fondateur de la cinquième République disait que les Français étaient des veaux, mais pour qui nous prend-on maintenant ?
Un MK niçois
KA1201 KA1200 KA1199[s] |
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